
photo Emmanuel Valette
Le journal d'Edith
Rappoport
Airy
Routier, magnifique comédien, avait joué Les mémoires
d’un fou de Flaubert et un Faust, en solo au Théâtre
Paris Villette, il y a une dizaine d’années. Après
avoir travaillé avec d’autres compagnies et
s’être consacré au cinéma, il nous emmène dans un
étrange voyage dans cette oeuvre de Borgès dont
j’avais lu quelques pages en espagnol au cours
d’un voyage en Argentine en 1992. Dans le sous-sol
minuscule du Chat noir, devant des spectateurs médusés, il
impose la force du verbe de Borgès, un chemin initiatique
mythologique. “Être immortel ne signifie rien, car à
part l’homme tout ignore la mort…J’ai
été Homère, bientôt je serai comme Ulysse, je ne serai
personne, je serai mort !” Il faudrait rouvrir ce
livre, et en attendant se précipiter à Chat noir 76 rue JP
Timbaud, les dimanches soirs à 19 h
Edith Rappoport
Théâtre du blog
Posté par
philippe duvignal le 17 novembre
2008
Cela
se passe dans un petit sous-sol du café Le chat noir. Une
petite table de café, un verre de vin et un livre
ouvert. C'est tout. Airy Routier nous conte l'histoire de
Marcus Flaminius Rufus qui a recueilli de la bouche d'un
soldat romain avant qu'il ne rende le dernier soupir un
terrible secret; Un fleuve rendrait immortel celui qui en
boirait l'eau. Après que tous ses compagnons soient morts
de fatigue et de désespoir, il arrive enfin et rencontre
des habitants à la peau grise, la barbe négligée qui le
font frémir de dégoût.
Le
lieu est sinistre: couloirs sans issue, portes colossales
donnant sur une cellule ou sur un puits. Tant espérée, la
cité de l'immortalité se révèle vite être un véritable
cauchemar, et ce n'est pas Homère ou les autres hommes
qu'il rencontrera qui l'en feront sortir ” La mort,
dit Borges, rend les hommes précieux et pathétiques.
Ils émeuvent par leur condition de fantômes”; Et le
pauvre Marcus Flaminius Rufus repartira pour trouver un
autre fleuve dont les eaux lui rendront sa condition de
mortel.
Airy
Routier est un comédien de grande qualité qui sait
s'emparer des textes comme ceux de Flaubert entre autres-
et qui a joué aussi dans les films de Mocky et de
Chatilliez- sans avoir l'air d'y toucher, avec infiniment
de discrétion mais avec une présence étonnante. Il n'élève
jamais la voix, dit les choses avec douceur et sérénité,
comme s'il s'adressait à des enfants, ce qui rend encore
plus forte la fable de l'écrivain argentin mort en 1984. En
une trentaine de minutes, sans effets inutiles, sans vidéo,
sans musique, Airy Routier nous fait partager un grand
moment dont on ressort paradoxalement apaisé sur le sort de
l'être humain.
Philippe du Vignal
Y
aller? Oui absolument, à moins que vous n'aimiez pas
Borges ou les chats noirs.
Café
du Chat noir, 76 rue Jean-Pierre Timbaud,( métro
Parmentier), le dimanche à 19 heures, puis en tournée.
EN LIGNE
PROCHAINEMENT...
"Autant
que je m'en souvienne, mes épreuves commencèrent..."
Première
version improvisée d'un "work
in progress"
autour de la célèbre nouvelle de JL Borges. Les épisodes
sont restés en ligne environ 48 heures, puis ont été
retirés au fur et à mesure que les nouveaux arrivaient.
Les
épisodes ont été filmés quotidiennement 34 jours durant
avec un appareil photo bas de gamme, en une prise, sans
montage ni trucage.