IMG_9677

Le journal d'Edith Rappoport
Airy Routier, magnifique comédien, avait joué Les mémoires d’un fou de Flaubert et un Faust, en solo au Théâtre Paris Villette. Après avoir travaillé avec d’autres compagnies et s’être consacré au cinéma, il nous emmène dans un étrange voyage dans cette oeuvre de Borgès dont j’avais lu quelques pages en espagnol au cours d’un voyage en Argentine en 1992. Dans le sous-sol minuscule du Chat noir, devant des spectateurs médusés, il impose la force du verbe de Borgès, un chemin initiatique mythologique. “Être immortel ne signifie rien, car à part l’homme tout ignore la mort…J’ai été Homère, bientôt je serai comme Ulysse, je ne serai personne, je serai mort !” Il faudrait rouvrir ce livre, et en attendant se précipiter à Chat noir 76 rue JP Timbaud, les dimanches soirs à 19 h
Edith Rappoport


Théâtre du blog
Cela se passe dans un petit sous-sol du café Le chat noir. Une petite table  de café, un verre de vin et un livre ouvert. C'est tout. Airy Routier nous conte l'histoire de Marcus Flaminius Rufus qui a recueilli de la bouche d'un soldat romain avant qu'il ne rende le dernier soupir un terrible secret; Un fleuve rendrait immortel celui qui en boirait l'eau. Après que tous ses compagnons soient morts de fatigue et de désespoir, il arrive enfin et rencontre des habitants à la peau grise, la barbe négligée qui le font frémir de dégoût.Le lieu est sinistre: couloirs sans issue, portes colossales donnant sur une cellule ou sur un puits. Tant espérée, la cité de l'immortalité se révèle vite être un véritable cauchemar, et ce n'est pas Homère ou les autres hommes qu'il rencontrera qui l'en feront sortir ” La mort, dit Borges, rend les hommes  précieux et pathétiques. Ils émeuvent par leur condition de fantômes”; Et le pauvre Marcus Flaminius Rufus repartira pour trouver un autre fleuve dont les eaux lui rendront sa condition de mortel. Airy Routier est un comédien de grande qualité qui sait s'emparer des textes comme ceux de Flaubert entre autres sans avoir l'air d'y toucher, avec infiniment de discrétion mais avec une présence étonnante. Il n'élève jamais la voix, dit les choses avec douceur et sérénité, comme s'il s'adressait à des enfants, ce qui rend encore plus forte la fable de l'écrivain argentin mort en 1984. En une trentaine de minutes, sans effets inutiles, sans vidéo, sans musique, Airy Routier nous fait partager un grand moment dont on ressort paradoxalement apaisé sur le sort de l'être humain.
Philippe du Vignal


EN LIGNE PROCHAINEMENT...

IMG_0290

Première version improvisée d'un "work in progress" autour de la nouvelle de JL Borges. Les épisodes sont restés en ligne environ 48 heures, puis ont été retirés au fur et à mesure que les nouveaux arrivaient.

Les épisodes ont été filmés quotidiennement 34 jours durant avec un appareil photo bas de gamme, en une prise, sans montage ni trucage.