La nuit juste avant

LA NUIT JUSTE AVANT LES FORETS
de Bernard Marie Koltès
Théâtre Paris-Villette
Mars-avril 1996

accueil

L’AVANT- SCENE


…Ce texte est le monologue d’un vagabond, aujourd’hui SDF, qui nous prend à partie, nous raconte ses galères, ses errances, ses péchés, avec une transparence et un calme qui font fondre tout ressentiment à son égard comme neige au soleil. Airy Routier est ce Rimbaud fin de siècle, treillis et baskets, regard illuminé d’enfant à la silhouette comme plantée dans la terre, comme pour nous dire qu’il n’a pas oublié les étoiles. Une sincère confession.

Hélène Kuttner 4.4.96

LE MONDE


C’est la pièce qui a révélé Bernard-Marie Koltès quand Jean-Luc Boutté l’a montée au Petit Odéon, en 1981, avec Richard Fontana. En apparence,
La nuit juste avant les forêts est un monologue - le monologue d’un homme marchant dans la ville, la nuit, sous la pluie. En réalité, c’est un dialogue avec un inconnu, dont l’apparition au coin d’une rue suscite chez l’homme un irrépressible besoin de parler. Parler comme on peut le faire quand on a été trop longtemps seul - avec un désir impérieux, physique. En 1981, Richard Fontana laissait exploser la violence de ce désir. Quinze ans plus tard, Airy Routier la contient. Bernard-Marie Koltès n’y perd pas. La nouveauté de son langage, qui frappait le spectateur de plein fouet en 1981, le touche aujourd’hui comme une parole familière dont on ne peut se détacher. Quand Airy Routier joue, avec sa frange gracieuse qui dit non et sa silhouette juvénile qui voudrait en découdre, le spectateur entend l’homme perdu et imagine l’inconnu à qui il s’adresse. Et la mise en scène berce les mots, qui tombent comme cette pluie qui n’en finit pas, dans la nuit furieuse de Koltès.


Brigitte Salino 13. 4. 96


NOVA MAGAZINE


…Un ange au milieu du bordel. Sur le plateau vide, Airy Routier porte son monde avec lui. On réinvente tout, les rues, la ville, la pluie qui tombe et cette fille blonde plutôt jolie, un vendredi soir comme les autres. Une heure quinze d’un Koltès limpide, dans la douce intimité d’une confession glissée à l’oreille.

Patrick Sourd Avril 96

L’HEBDO SOCIAL


…Ce personnage en quête de dialogue, superbement écrit par Bernard- Marie Koltès et magnifiquement interprété par Airy Routier, nous plonge au coeur de cette détresse humaine où cris de révolte et de désespoir alternent avec les accents poétiques les plus fous. Authentiquement habité par son rôle, d’une sobre gestuelle mais d’une voix vibrante de multiples émotions, Airy Routier nous entraîne dans une nuit profonde d’humanité.

Lionel Liegeois